Prévenir l’épuisement au travail, ça commence aussi pendant les études

59 % des étudiants disent craindre les effets de l’IA sur leur futur métier. De quoi se demander si ce que l’on apprend aujourd’hui sera vraiment utile demain, non ?

Choisir un métier, trouver un stage, imaginer la suite… Ces questions ont toujours fait partie des années d’études. Aujourd’hui, elles se posent dans un contexte où il est parfois difficile de savoir à quoi se préparer.

Les perspectives économiques sont incertaines, les tensions internationales occupent l’actualité et l’intelligence artificielle transforme les métiers actuels. Dans une enquête menée par Ipsos BVA en 2026, 59 % des étudiants disent craindre les effets de l’IA sur leur futur métier. De quoi se demander si ce que l’on apprend aujourd’hui sera vraiment utile demain, non ?

Cela ne signifie pas que les étudiants ont renoncé à leur avenir. Beaucoup ont des envies, des projets et de l’ambition. Mais on peut avoir envie d’avancer tout en se demandant dans quelle direction aller. Et lorsque ces interrogations s’ajoutent à des difficultés financières, personnelles ou à une forte pression dans les études, elles peuvent devenir difficiles à porter.

Des difficultés qui méritent toute notre attention

En 2024, 22 % des étudiants interrogés dans le Baromètre de Santé publique France avaient vécu un épisode dépressif caractérisé au cours des douze mois précédents. Le baromètre réalisé par Ipsos BVA pour teale et l’IÉSEG, auprès de 2 000 étudiants, indique de son côté que 38 % envisagent d’abandonner leurs études pour des raisons psychologiques.

Ces chiffres ne mesurent pas la même chose. Ils montrent néanmoins qu’une part importante des étudiants rencontre des difficultés qui dépassent un doute passager sur son orientation.

La perspective du premier emploi apporte également son lot de préoccupations. 

Parmi les diplômés d’un bac +5 en 2024 interrogés par l’Apec l’année suivante, 84 % jugent leur recherche d’emploi difficile. Et dans une enquête Ipsos auprès des 20–21 ans, 70 % décrivent le monde du travail comme plus stressant qu’épanouissant. Ils sont pourtant tout aussi nombreux à rester optimistes pour leur propre avenir professionnel.

Cette coexistence me paraît importante : l’envie de réussir est bien là, mais elle s’accompagne de nombreuses appréhensions et incertitudes.

Des repères pour les premières expériences professionnelles

Les écoles accompagnent déjà leurs étudiants dans cette transition, à travers les enseignements, les stages, les services carrières et les échanges avec les entreprises. Les préparer aux difficultés du quotidien professionnel peut venir prolonger ce travail.

Car un premier stage, une alternance ou un premier emploi, c’est aussi découvrir des attentes que l’on ne comprend pas toujours, une charge de travail difficile à évaluer ou une relation dans laquelle on n’ose pas dire ce qui pose problème.

On peut aimer son travail et ne pas savoir comment demander de l’aide. Se sentir débordé, mais accepter une mission supplémentaire pour faire bonne impression. Sortir d’un stage difficile en pensant que l’on a choisi la mauvaise voie, alors que l’on aurait d’abord besoin de prendre du recul sur ce qui s’est passé.

C’est sur ces situations concrètes que l’on peut travailler pendant les études : reconnaître une surcharge, exprimer un besoin, préparer une conversation délicate, clarifier ce que l’on attend de son travail. Des outils concrêts que les étudiants peuvent utiliser dès leur prochaine expérience.

La prévention commence aussi à ce moment-là

Le 16ᵉ baromètre Empreinte Humaine, réalisé avec Ipsos BVA en mai 2026 auprès de 2 000 salariés, indique que la moitié des répondants présentent des signes de détresse psychologique. Ce constat concerne le monde du travail dans lequel les étudiants s’apprêtent à entrer.

Leur donner des repères pour y évoluer est donc un enjeu de prévention. Cela ne veut pas dire leur apprendre à supporter toutes les conditions de travail. Mais à notre échelle, nous pouvons les aider à mieux comprendre ce qu’ils vivent et à savoir comment réagir. Pour une école, intégrer ces sujets à la préparation professionnelle permet de faire le lien entre les compétences enseignées et les situations rencontrées dans la vie professionnelle.

C’est ce que je souhaite apporter dans mes accompagnements : un espace pour parler de ces premières expériences, prendre du recul et repartir avec des façons d’agir concrètes.

Parce que travailler sans s'épuiser, ça s'apprend, dès les études.
Parlons-en ↗Découvrir les interventions en école →